Une fille du sud · Juliette Granier
Née en 1980, Catalina Magne grandit dans un domaine vinicole du sud de la France. Dans cette famille de femmes, la grand-mère domine et la mère s’efface, en assumant pourtant l’essentiel des tâches. Catalina, du haut de ses huit ans, observe et retient. Le favori de sa grand-mère est Ferràn, lointain cousin, qui prétend à la gestion de l’exploitation. Cet homme, ce chasseur, a épousé Olivia Pons, à la beauté spectaculaire. Catalina voit sa conception initiale du monde se modeler au contact de ce couple, et plus tard grâce aux enseignements des années de lycée et d’université.
Personnage solitaire et farouche, il lui faut assimiler l’apprentissage du pouvoir, des relations amoureuses, composer avec la transmission de leur patrimoine et l’envie de fuir la province. Une affaire de moeurs familiale vient bouleverser tout cela. Il est alors question pour Catalina d’oeuvrer à sa propre délivrance. Dans ce premier roman en forme de saga familiale, le climat intense de la Catalogne française se fait l’écho de la personnalité ardente de la jeune héroïne, qui cherche à s’émanciper de toute forme d’autorité pour réaliser pleinement son destin.
Anton Tchékhov · Un royaume de femmes (1894)
Anna Akimovna, une jeune femme belle et sensible, se retrouve à la tête d’une grande usine dont elle a hérité, un monde industriel brutal qu’elle ne comprend pas. Durant la période de Noël, elle ressent avec acuité le poids de sa solitude et l’ennui de sa vie dorée mais vide. Partagée entre sa nostalgie pour ses origines modestes et les exigences de son rang social, elle ne parvient à trouver sa place nulle part. Le récit explore ses tiraillements intérieurs lorsqu’elle doit distribuer des étrennes et se confronter à la misère des ouvriers. Elle rêve d’amour et de simplicité, espérant secrètement qu’une rencontre pourrait donner un sens à son existence. Tchekhov dépeint ici avec finesse le « royaume » mélancolique d’une femme prisonnière de ses responsabilités et de sa classe sociale.
Margaret Atwood · L’Odysée de Pénélope (2022)
Dans cette relecture originale du mythe grec, à la fois subtile, féministe et impertinente, Pénélope, hantée par la mort de ses servantes, raconte depuis les Enfers sa propre version de l’histoire : celle d’une femme, d’une épouse, d’une mère et d’une reine bien plus forte que ce que les hommes ont toujours voulu croire. » Grâce soit rendue à Margaret Atwood de nous projeter, grâce à ce texte rageur, tragique et parfois burlesque, dans la tête de Pénélope. Et ainsi de nous offrir avec cette autre version de l’ Odyssée un contrechamp au récit d’Ulysse, dont elle éclaire de surcroît les zones d’ombre, Atwood ne perdant jamais de vue le texte d’Homère. Un point de vue féminin qu’on attendait avec impatience ! » Christophe Ono-dit-Biot
Informations
Rendez-vous le lundi 2 mars à 18h30
chez Anouch Restaurant / Galerie Wilde
prix conseillé 10 CHF (gratuit membre) – ouvert à tous-te-x-s
débutant-e-x-s bienvenu-e-x-s


